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Broods reprend « Mad World » de Tears for Fears


Par , publié le 10/11/16  |  206  lecture(s)

Hier, le duo Broods sortait sa version de « Mad World », une chanson tristement célèbre dont la reprise fait écho à l’élection de Donald Trump comme le nouveau président des Etats-Unis.

Alors que l’accession à la présidence de Trump soulève un chaos sentimental où se bousculent incompréhensions, colère, tristesse mais également réjouissance et fierté, les néozélandais de BROODS publient leur cover de « Mad World », une reprise qu’ils estiment chargée de sens lorsqu’ils légendent : « Seemed only appropriate to release this today ».

Le groupe britannique Tears for Fears signe son premier grand succès en 1982 avec « Mad World ». Ecrite par Roland Orzabal et chantée par Curt Smith, la chanson connait alors un succès international. On ne compte plus le nombre de reprises et d’utilisations au cinéma, la classant comme un standard du paysage musical depuis plus de 30 ans…

Au-delà de son statut incontournable, « Mad World » s’est nourrie d’un profond mal-être commun aux deux artistes.

Roland Orzabal écrit la chanson alors qu’il n’a que 19 ans. Son adolescence est alors profondément tourmentée par un père traumatisé suite à son expérience de la Seconde Guerre mondiale. S’inspirant d’un livre sur la psychologie que l’auteur lu à cette époque, le refrain de « Mad World » illustre alors cette dépression : « The dreams in which I’m dying are the best I’ve ever had ». Cette phrase traduit l’idée selon laquelle certains cauchemars peuvent être bénéfiques car ils permettent de lâcher la pression…

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I’m dying are the best I’ve ever had
I find it hard to tell you
‘Cause I find it hard to take
When people run in circles it’s a very very
Mad world

Curt Smith a su interpréter la chanson naturellement en s’identifiant aux paroles. Elevé par sa mère, Curt subit l’absence d’un père qui décède lorsqu’il n’avait que 17 ans. Cette chanson était l’occasion idéale d’une interprétation très personnelle, mélancolique et sombre.

All around me are familiar faces
Worn out places
Bright and early for their daily races
Going nowhere

And their tears are filling up their glasses
No expression
Hide my head I want to drown my sorrow
No tomorrow

tears-for-fears-young

L’une des reprises les plus connues de « Mad World »est celle réalisée par Michael Andrews et Gary Jules pour la BO du film « Donnie Darko ». Sorti en 2001, le réalisateur Richard Kelly raconte l’histoire d’un adolescent perturbé, Donald, qui s’invente un ami imaginaire Frank, un lapin géant qui lui annonce la fin du monde. Oeuvre à la fois psychologique et fantastique, le film traite d’une grande variété de sujets tels que l’amour, le destin, les rêves, l’existentialisme…

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De fait, ses interprétations sont multiples. Une grande majorité d’entre elles s’accordent à dire que ce film est une projection vers un avenir incertain, dont l’existence dépend de choix importants fait en amont : « Cet « univers tangent », instable par nature, s’arrêtera inévitablement et détruira l’« univers premier » si l’élément perturbateur, à savoir l’arrivée du réacteur, n’est pas corrigé ». Les interprétations se rejoignent également sur cette sorte de vision qui permettrait à Donald de voir sa destinée, une sorte de réalité alternative appelée « canal de Dieu » qui existerait en parallèle de la nôtre avant chacune de nos décisions.

Hallucination ? Mauvais rêve ?

Richard Kelly nous explique que « rien n’est dû au hasard ». Il nous emmène dans un monde où tout n’est que questionnement et incertitude, un monde proche de la schizophrénie où la fatalité n’existe pas, un monde qui n’est que la résultante d’actions antérieures.

à méditer…


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