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CLIQUE N’IMPORTE OÙ ECHAP (ESC) POUR QUITTER

Dans le studio de HOUSSE DE RACKET


Par , publié le 19/01/16  |  956  vue(s)

Il y a quelques jours, nous sommes allés rendre visite au duo français Housse De Racket. En pleine promo de leur dernier album The Tourist et avant leur live à La Maroquinerie cette semaine, ils nous ont accordé quelques instants et une session acoustique inédite dans leur studio…

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Bonsoir à tous les deux, merci de nous accueillir dans votre studio. C’est un plaisir de vous rencontrer.

Housse de Racket c’est désormais 3 albums. Depuis 2008, il y a eu Forty Love puis en 2011 avec Alesia et plus récemment fin 2015 The Tourist, c’est un peu plus de 3ans en moyenne qui s’écoulent entre chaque album, c’est volontaire ?

Pierre – Oui il y a un temps nécessaire de gestation qui est évident, d’avoir un peu la sensation de se renouveler et de sentir qu’on peut s’étonner nous-mêmes. Ce n’est pas du jour au lendemain, il y a une certaine maturation. Aussi, techniquement ça prend du temps, faire une tournée, de rentrer, de se remettre à écouter des nouvelles choses et savoir ce qu’on va faire.

Entre Forty Love et Alesia, ça a été assez vite, tout dépend de comment le disque est fait et comment tu vas le sortir et le signer. Par exemple entre Alesia et The Tourist c’était particulier, on rentrait d’une tournée qui a duré plus de deux ans, on a joué dans le monde entier et c’est vrai que quand on est rentré chez nous on s’est demandé justement ce qu’on allait faire. Il fallait faire un état des lieux et arrêter un peu de penser à la musique pendant un temps pour que ça nous manque aussi.

Justement comment s’est passée cette dernière tournée pour Alesia ? Il y a eu Coachella, c’était comment d’ailleurs ?

P – C’était super, effectivement on a joué pendant un mois et demi aux Etats Unis, l’apothéose au Coachella.

Victor – C’était génial ! mais avant même Coachella, tourner avec tout le groupe et tous nos potes puisqu’on n’est pas que deux sur la route dans un van – on faisait une espèce de petit tour bus -, c’était quand même un fantasme pour nous, tu te doutes pas quand tu commences avec ton groupe d’en arriver là.

On s’est formé à Chaville, à côté de Paris, et quand on faisait des concerts à Paris, c’était déjà quelque chose pour nous. Ensuite on est allé en Provence, puis en Europe avec Berlin, Londres, et dans le monde avec le Japon, les Etats-Unis, l’Australie.

C’est vrai que les Etats-Unis et l’Angleterre sont importants pour nous, c’est les pays un peu officiels. Il y a une certaine crédibilité à jouer là-bas c’est clair.

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On en revient à The Tourist qui est donc sorti en octobre dernier. Côté production, sur Forty Love, Renaud Letang et l’artiste Gonzales étaient intervenus. Sur Alesia, Philippe Zdar l’avait co-produit avec vous. Et sur THE TOURIST, qu’est-ce qui a été différent pour vous ?

V – La grande différence avec celui-ci est qu’on s’est complètement assumés, tout seuls en essayant de s’étonner comme le disait Pierre. On avait envie de porter un album de A à Z avec parfois tous les soucis et le poids que ça peut créer. On était tous les deux et tout était très réfléchi mais je crois qu’on avait besoin de faire ce disque et au final on en est assez fiers.

Quand on l’écoute, on a l’impression que c’est notre meilleur disque.

A ce propos, j’ai écouté plusieurs fois l’album et c’est vrai qu’on ressent une touche plus personnelle, une sorte d’introspection, dès les premiers morceaux voire un peu de mélancolie. Vrai ? 

V – C’est vrai oui.

P – Il y a toujours eu cette mélancolie dans Housse de Racket qui a été habillement camouflée dès le titre Yeah!, (premier titre de l’album Forty Love – Ndlr). C’est jamais un ciel bleu étincelant, il y a toujours une petite ombre quelque part, c’est dans le choix de nos accords, on aime ça.

Après la grosse tournée avec Alésia assez fluo, The Tourist est un plus pastel. On a voulu ralentir les tempos, faire quelque chose de plus hybride entre l’acoustique et l’électronique. Victor a ressorti ses plus belles congas et maracas, on voulait du bois, de l’air en opposition à Alésia qui était très digital et très séquencé et un peu inhumain.

En ralentissant les tempos, on veut montrer quelque chose, on espère, d’un peu plus touchant.

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La question de langue, vous jonglez avec l’anglais et le français, c’est quelque chose que vous avez toujours gardé depuis le début de Housse de Racket, c’est calculé ?

P – C’est bête et méchant mais le premier truc qui vient quand on écrit, c’est de chanter des onomatopées et ça vient plus facilement en anglais. On a besoin de ça pour se dire que cette partie est cool.

L’anglais n’est pas notre langue natale. Il y a donc des maladresses dont on se sert par la suite. Quand on estime que c’est pas assez original alors on n’hésite pas à switcher en français.

V – On se fixe pas de quotas et dans l’absolu on aimerait ne rien s’imposer. Pour The Tourist, on s’est rendus compte qu’on avait fait pas mal de morceaux en anglais et assez naturellement on s’est dit qu’il fallait en faire un en français. lI y a un moment où l’un manque à l’autre aussi.

P – Je me souviens que pour cet album, pendant quasiment 6 mois, on a écrit que des morceaux en anglais. Mais SOS qui est en français est l’un des morceaux que je préfère par exemple.

Donc pas vraiment de choix, c’est le choix du non-choix. Quand on arrive aux limites de l’un on va vers l’autre. La limite du français c’est peut d’être trop conscient. Dans l’anglais, il y a une certaine chance du débutant même si l’anglais fait désormais partie de notre quotidien.

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Vous étiez au Trabendo il y a quelques semaines, vous serez à La Maroquinerie ces prochains jours, The Tourist en Live, ça donne quoi ? 

V – A vrai dire, The Tourist a moins été pensé pour le Live, comme tu le disais, il est plus dans l’introspection. On découvre petit à petit les morceaux et leur potentiel live et on a remarqué quelque chose de super cool. Parce que les tempos sont plus lents dans cet album, il faut bien les jouer. Ce facteur de risque est hyper stimulant et nous donne vraiment envie de bien jouer. Créer un petit risque pour pas que ce soit répétitif.

P – C’est plus technique mais dans le bon sens. On se challenge nous-mêmes.

On a appris il y a quelques jours maintenant la mort de David Bowie, c’est clairement une légende qui a inspiré plus d’un. Selon vous, à quoi reconnait-on une légende ? 

P & V – C’est sûr que dans notre cas, David Bowie aura été et restera une influence fondamentale pour notre musique. 

Du glam de Ziggy Stardust pour notre premier album Forty Love jusqu’aux aux instrumentaux froids de Low pour Alesia en passant par le funk blanc de Young Americans pour Encore, Bowie aura été omniprésent. Il n’a jamais cessé d’évoluer tout au long de sa carrière, sans regarder en arrière, en n’hésitant pas à changer d’univers à chaque fois.

C’est peut-être à ça que l’on reconnaît une légende : cette faculté de s’accaparer le meilleur de chaque époque et de devenir ainsi, en quelque sorte, immortel.

Quelle la question que vous aimeriez qu’on vous pose ?

V – C’est surement le cas pour beaucoup de musiciens, c’est un trip un peu ego mais c’est vrai que les questions sur la création, sur l’harmonie, sur les processus de création, dans l’écriture des textes.

P – Parce que c’est vrai qu’on parle très peu de musique, on parle de la tournée mais moins des sujets des morceaux par exemple. Ça nous intéresse au bout du compte.

V – On s’est rencontrés Pierre et moi au conservatoire, on a cette culture et on aime bien, un peu comme des mecs qui aiment mettre des images subliminales dans des films pour enfants, de mettre des notes et de cacher des accords plus « jazz » ou d’autres plus élaborés. On aime bien ce côté un peu NERD dans la recherche des accords.

V puis P – Et même à l’écoute, par exemple on adore Michael Jackson avec Thriller, c’est comme un bon vin !  Alalalala cet accord de bâtard – il est tellement bien. C’est une science, même Nirvana, les accords sont simples mais la façon dont les accords arrivent… ça nous passionne assez oui.

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Par opposition, la question qu’on vous a posée mille fois et que vous ne supportez pas ?

P – Nadal ou Federer ? On a eu droit à des kilos et des kilos heure. On l’a bien cherché c’est sûr.

V – On l’a bien cherché aussi tout ça. Pendant Forty Love, on jouait habillés soit tout en blanc soit en tenue de tennisman. On nous posait des questions sur le tennis, on trouvait ça drôle mais c’est vrai qu’un peu plus tard dans la carrière, qu’on nous remette encore ça sur la table, on était un peu…

P – En même temps c’est normal aussi, et heureusement, il y a encore des gens qui ne connaissent pas Housse de Racket. Si tu es familier avec le groupe, tu oublies ce contexte mais si tu ne nous connais pas, tu peux poser la question d’où vient ce nom (rires).

Nadal ou Federer ? On a eu droit à des kilos et des kilos heure. On l’a bien cherché c’est sûr.

V – En vrai si j’avais une conversation avec un pote, j’aurais trop de trucs à dire. J’aime bien parler de tennis en vrai.

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Dernière question, vous avez sorti votre troisième album, comme un petit couple qui se connait depuis 20ans maintenant, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

P – On a envie de rester bien dans nos baskets. Si on a envie de faire un morceau on le fera, si on a envie de passer à autre chose on se le dira mais pour le moment on a l’impression qu’on a pas encore tout dit.

V – C’est un luxe total d’être artiste et d’en vivre et c’est vrai que ne pas le faire comme un devoir mais comme une envie, ça change tout.

P – C’est un drôle d’équilibre, c’est une passion et en même temps à force ça devient notre métier. C’est pas parce que tu vas au studio à 9h du matin que tu vas être performant. Si tu n’y vas pas c’est sûr qu’il ne va rien se passer. V ajoute – ça peut être aussi le prétexte à rien foutre mais bon (rires)

P – Pour répondre à ta question, on espère donc que la famille des albums va s’agrandir. On a déjà d’autres envies. C’est bon signe d’ailleurs, ou peut-être pas, il n’y aura peut-être pas de quatrième album. C’est l’envie d’avoir envie quoi ! et Une bonne année à tous !

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Crédits | GRADIENT

Photographie – Antonin Lechat & Guillaume Quéré
Vidéo – Kevin VanStaen / Lénaïc Gouirriec / Guillaume Quéré
Mixage Audio – Souleiman Bacar
Interview – Alexandre Puget


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