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La TAZ (Temporary Autonomous Zone)


Par Antoine Piechaud , publié le 31/03/16  |  443  lecture(s)

Fondateur de la marque Providence

Je suis Antoine, bientôt 40 ans, pas encore en crise. J’ai pas mal travaillé dans la musique et dans la production audiovisuelle, et suis à l’origine du projet et de la marque Providence basée à Guéthary, au Pays Basque. J’ai connu Gradient par ma femme, qui a eu l’occasion de rencontrer Alexandre en exerçant son métier de responsable communication. C’est elle qui a manigancé tout ça…

Ecrire un article sur un sujet libre : j’ai l’impression de revenir à l’école. J’ai longuement réfléchi sur le thème à aborder, sans vraiment le trouver. Et j’ai eu envie de vous parler de mon fantasme, qui se trouve être derrière le concept même de Providence : la TAZ (Temporary Autonomous Zone). Ce terme nous vient d’un écrivain, que nous avons découvert récemment, et qui a réussi à définir parfaitement ce que j’essaie de construire avec Providence depuis sa création en 2009. Le terme est assez explicite : il a été pensé et créé par son auteur Hakim Bey. La TAZ s’inspire de l’étude du mode de vie et de fonctionnement des pirates. Peu d’ouvrages existent sur la piraterie, et pourtant, elle est totalement dans l’aire du temps ! Cette découverte tombait d’autant plus à pique que l’univers des pirates et des corsaires gravite autour de Providence. À l’origine, c’est le nom du bateau de Michel le Basque, corsaire de renom, dont l’épave doit reposer quelque part dans l’Atlantique… Intuitivement, c’est dans l’histoire des pirates basques que nous avions puisé notre inspiration.

Et j’ai eu envie de vous parler de mon fantasme, qui se trouve être derrière le concept même de Providence : la TAZ (Temporary Autonomous Zone)

Pour la petite histoire, tout a commencé avec le tournage d’un court métrage au Pays Basque : « Lulu Boy » par mon ami et réalisateur Martial Schmeltz. Toute l’équipe était logée chez la mamie de Martial, une jolie maison proche de la plage de Cenitz, j’ai eu le coup de foudre pour la région. Moins d’un an après, Mamie nous trouvait un appartement à Ahetze, nous serrions la main du propriétaire, et nous voilà installés. Notre spot devint vite l’Auberge Espagnol : nos amis nous rejoignaient à tour de rôle dans cette « maison du bonheur ». Ils étaient dans la musique, dans l’art, dans la production et réalisation : un joyeux mélange qui faisait de belles soirées et de bons souvenirs (nostalgie). Et on a installé nos bureaux de production sous le restaurant Le Madrid à Guéthary.

Me voilà barbu, dans un local, face à la mer : j’ai l’impression d’être dans une cale de bateau… ça y est vous voyez le rapport avec les pirates ?

On avait tourné un clip de Ratatat (sous des trombes d’eau), réalisé par Jean Michel Bertin et Tony Frontal, avec des costumes d’Andrea Crews et de la déco plexi découpée au laser. J’ai eu envie de faire une expo avec tous ces éléments pour faire découvrir cette cale à plus de monde, ceux que j’avais appris à connaître ici et ceux qui me manquaient à Paris. C’était le premier évènement à Providence. La suite est venue plutôt naturellement : réunir beaucoup d’amis artistes qu’on exposait (Fafi, Leslie David, Mathias Fennetaux, Jason Glasser, Koralie & Supakitch…), et d’autres qui développaient leur marque (Surface to Air, Riviera, Angela Schmid…). Notre « TAZ » est née ! Un concept qui n’a pas vraiment de définition, et qui se vit plus qu’il ne s’explique. Une façon de vivre en constante effervescence, et hors des sentiers battus, tout comme les pirates qui étaient traqués sur les mers et devaient lever le camp, faire preuve d’initiatives, d’imagination et de créativité pour échapper à la monotonie et aux règles « classiques ». Quelques années après, nous voilà installés sur la place du village, pour mieux prendre les embruns et pouvoir servir aussi à boire et à manger.

Notre « TAZ » est née ! Un concept qui n’a pas vraiment de définition, et qui se vit plus qu’il ne s’explique

À Guéthary aujourd’hui mais demain qui sait, pas de frontière physique… Providence peut potentiellement s’installer partout et créer de nouvelles communautés d’intention humaines et artistiques à chaque destination. Le potentiel est infini, ça fait même tourner la tête de temps en temps !

Spéciale dédicace à Sandra


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