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L’histoire de RECTO VERSO, écrit par PARADIS


Par PARADIS , publié le 22/09/16  |  205  lecture(s)

Groupe / Musique

Andrea Montano est un photographe qui nous accompagne depuis presque deux ans. Au cours du processus d’écriture de l’album, il s’est joint à nous comme le troisième membre du groupe pour nous aider à imaginer ce que serait l’univers visuel qui accompagnerait le disque. La rencontre avec Andrea a été très importante dans le cheminement du projet car c’était la première fois que quelqu’un intervenait dans notre processus. Nous étions jusqu’alors très protecteurs vis-à-vis d’un cadre précieux de création que nous avions installé et qui nous permettait d’imaginer une musique qui nous touchait ensemble droit au coeur.
La photographie est une forme d’expression que nous pratiquions déjà et à laquelle nous étions tous les deux sensibles depuis longtemps. Autour de points de jonction tels que les travaux de Wolfgang Tillmans ou William Eggleston, nous avions tous les deux envie de cristalliser l’imagerie de notre musique par une approche de l’image immédiate, poétique mais ancrée dans le réel. Depuis notre rencontre avec lui, armé de son appareil sous le bras, il nous a suivi sur la route et dans notre quotidien à Paris.

Après deux années passées à collecter, compiler et accumuler des idées, on a ressenti le besoin de nous isoler à l’écart de la ville pendant quelques temps pour faire le point sur le travail accompli, et pour chercher une cohérence dans l’ensemble de ces chansons, prémisses de morceaux, et toutes ces photos.
On est donc partis tous les trois durant un mois dans une petite maison coupée du monde au milieu de la forêt des Landes pour faire le point et imaginer ce que serait l’album dans son ensemble, soniquement et visuellement.

Au cours d’un rapide séjour au Cap Ferret durant lequel nous avions été invités pour un concert, il a pris cette photo sur le vif pendant qu’on se baignait.
Depuis qu’il avait développé le film de cette pellicule, cette photo était toujours restée dans un coin de nos têtes sans trop savoir ce qu’elle pourrait devenir et c’est au cours de notre séjour à la campagne qu’elle est peu à peu ressortie de l’ensemble photographique comme une image qui nous semblait forte et pleine de symboles.

On est donc partis tous les trois durant un mois dans une petite maison coupée du monde au milieu de la forêt des Landes pour faire le point et imaginer ce que serait l’album dans son ensemble, soniquement et visuellement.

Cette image évoquait d’abord pour nous la notion de duel car la collaboration artistique en duo a quelque chose qui s’apparente beaucoup à ça. Il s’agit souvent de confronter nos sensibilités ce qui s’avère parfois compliqué car nos divergences peuvent être de vrais clivages. Lorsqu’il s’agit de sensibilité, il est bien souvent compliqué de trancher et de donner raison à l’une ou l’autre.
Elle évoquait aussi pour nous la question du jeu. Depuis le premier jour ou nous nous sommes retrouvés pour faire de la musique ensemble, le projet est né de presque rien, de la simple envie de partager et de construire un moment ensemble. Et même si un certain nombre d’avis nous opposent, il suffit souvent de se rappeler que tout ceci doit rester un jeu, que cette envie de partager un moment de plaisir doit rester au centre du processus car c’est exactement cette énergie qui donne vie à la magie en studio.

Cette pochette trouve son origine dans cette dualité, une dualité que l’on a vu peu à peu s’installer au dessus de ce premier album et dans un climat tel que celui qui est le notre en France en 2016

Chercher la simplicité et l’équilibre dans l’écriture de chansons, ce qu’on peut englober dans l’idée d’une démarche pop, c’est quelque chose qui induit dans l’esprit collectif un besoin d’incarnation. Dans cet exercice qui nous mettait mal à l’aise, Andrea a su se faire oublier derrière l’objectif pour provoquer une image qui nous rappèle des émotions comparables à celles que l’on essaie de dégager dans notre musique. Il y a même quelque chose qui relève de la pudeur dans cette image, car si on peut y voir les symboles d’une mise à nu, et du fait de se jeter à l’eau avec ce premier album, le fait que l’on figure tous les deux sans pouvoir véritablement nous reconnaitre témoigne d’un besoin de se retirer de l’équation. Etre sur la même fréquence, s’accorder sans s’imposer, c’est mettre nos égos de coté pour croire et aller chercher le terrain d’entente inconnu qui flotte au dessus de tout et dans lequel chacun trouve son compte sans se l’approprier.

Cette pochette trouve son origine dans cette dualité, une dualité que l’on a vu peu à peu s’installer au dessus de ce premier album et dans un climat tel que celui qui est le notre en France en 2016, on se pose des questions sur le sens de nos existences, et lorsque l’on crée des choses avec comme principale ressource le plaisir, c’est une image que l’on se voyait défendre, comme un rappel de réconciliation, l’image de deux frères qui jouent et qui s’amusent.

Simon et Pierre

Sortie demain (le 23.09.16) de leur premier album RECTO-VERSO (Visuel cover HD ici)
(Clique et regarde le clip Recto-Verso)


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