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OUTSIDERS KREW – Share the word


Par , publié le 02/12/14 à 01:12  |  477  lecture(s)

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Comment se réveille-t-on un matin avec l’idée de tout quitter pour aller peindre chez des inconnus à l’autre bout du monde? C’est ce que nous avons voulu savoir. OUTSIDERS KREW, c’est deux jeunes français qui ont décidé de tout plaquer pour aller colorer les façades des bidonvilles du monde entier…

Alors que les médias illuminent d’une lumière aveuglante les travaux de l’artiste français JR The Great, nous avons voulu vous parler du OUTSIDERS KREW et de ces deux français fous, car il faut être fou pour se décider de faire un tour du monde à vélo !

| SHARE THE WORD

Seb Toussaint et Spag, artistes peintres d’OUTSIDERS KREW sont amis d’enfance et amoureux de voyages. Ensemble, ils décident de faire un tour du monde sur leurs bicyclettes de 2011 à 2012. Une aventure qui les introduit pour la première fois à une facette de notre société dont on parle souvent à voix basse, les bidonvilles. Ces quartiers défavorisés qui fleurissent sur leur passage sont autant d’occasions pour les deux artistes de s’imprégner de cet univers, de l’immortaliser en photos, peintures, dessins et vidéos.

Leur retour en France est comme une pause temporelle pour définir les bases du projet «SHARE THE WORD» avant de reprendre la route, caméra en main et un peu d’espoir dans les poches arrières.

Share The Word Project | Ep.3 Kathmandu

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| THE BEGINNING

L’idée est née, il ne manquait plus que la destination. Le premier épisode de SHARE THE WORD commence en 2013 à Jakarta en Indonésie. « On s’est dit qu’on y allait pour tester notre idée et voir si le concept fonctionne. On a choisi Jakarta en Indonésie un peu au hasard. On savait que le mois d’août était en plein dans la saison sèche là bas. C’est tout ce qui nous importe.»

Dans leur documentaire réalisé à l’issu de ce premier épisode à Jakarta, les deux jeunes artistes parlent de leur démarche artistique auprès des habitants : «On leur demandait, le matin, si on pouvait peindre sur leur maison, et s’ils acceptaient, ce qui fut presque toujours le cas. On leur demandait de nous donner un mot qu’ils voudraient qu’on peigne…». Sans croquis, ni de dessins à l’appui, les deux artistes s’inspirent simplement du mot choisi par le propriétaire, de l’ambiance du quartier et sa vie bouillonnante déferlée dans les ruelles. Le partage et la spontanéité sont au centre de leur travail. Un volet de Share The Word qui n’est possible que dans les quartiers défavorisés où la population a une ouverture d’esprit qui transcende la conception de propriété privée européenne : « Les gens sont très ouverts à l’art et ne nous demandent jamais ce qu’on va peindre ni même quelles couleurs nous allons utiliser. Ils nous laissent très libres, et c’est ça qu’on aime !»

Après 3 semaines de création, le quartier se teinte de couleurs et de fresques différentes les unes des autres. Elles racontent l’histoire de ses habitants, au fil des maisons.

| THE WORD – SHARE THE WORLD

Après Jakarta, Seb et Spag vont dans les profondeurs du Kenya, à Nairobi, puis à Katmandou au Népal et dernièrement à Bogota en Colombie. «A chaque fois on choisit un peu au hasard, en veillant à aller dans des lieux très différents les uns des autres au niveau de la langue, de la culture, du niveau de développement, etc… Durant cette première année du projet, on a eu à cœur de tester l’idée dans des lieux très différents, juste pour bien s’assurer que ce projet peut être réalisable un peu partout, et parce qu’il est intéressant de voir si les mots choisis par les habitants varient d’un pays à l’autre.»

Le concept de Share The Word se répète ainsi dans le monde avec toujours la même démarche qui s’adapte à un environnement en constante évolution.

A chaque ville sont lot d’anecdotes et d’imprévus, «au Kenya on a donné des cours de graffiti dans une école du bidonville. Au Népal on a amené quelques enfants du bidonville dans un musée de la ville où nous avons donné un cours d’art. C’était une journée extraordinaire car ces enfants n’avais jamais eu de cours d’art plastique, mais en plus ils n’avaient jamais pris le taxi, n’avaient jamais été dans le quartier du musée, n’étaient jamais allés au musée, et n’étaient jamais allés dans un lieu qui avait un plafond si haut. Et chaque élément de cette journée fut un élément de fascination pour ces enfants. Et surtout on s’est bien marrés.»

La beauté esthétique du projet s’incline alors très vite face à son aspect humain inattendu, celui qui n’a pas besoin de mots pour exister. Ce qui m’amène à les questionner sur les limites de SHARE THE WORLD. «Nous ne les connaissons pas encore» disent-ils.

 «Ceci est seulement le début et nous sommes surpris nous même de ce que peut apporter ou changer le projet. Au Népal notre travail a tellement mis en lumière un bidonville, des touristes ont commencé à y venir, un chanteur Népalais y a fait un shooting photo et la municipalité de Katmandou a annoncé qu’ils allaient restaurer le temple du quartier après que notre peinture sur la façade a provoqué un débat. En Colombie et en Indonésie on a fait venir des journalistes dans un quartier où ils n’étaient jamais allés et dont personne ne parle. Ce sont des choses que l’on a pas forcément prévu. Nous, nous allons dans ces lieux pour peindre et partager quelques semaines avec les locaux. C’est assez simple au final, mais l’art peut provoquer des choses intéressantes, et nous ne savons pas jusqu’où cela peut aller…»

Les deux membres d’Outsiders Krew font partie de ces artistes qui réinventent l’art dans un univers dans lequel les frontières des civilisations se brisent pour donner naissance à de nouveaux espaces de réflexions.

Un projet aux valeurs humaines qui ne se rattache à aucune contraintes liées à un financement des institutions privées ou publiques. Seb et Spag ont financé les 3 premiers épisodes de Share the Word et, ont réussi à mener à bien le quatrième épisode à Bogota grâce à un financement participatif lancé sur internet.

Share The Word Project | Ep.2 Nairobi

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| DES BOUTS D’ARCHIVE

4 épisodes terminés, chacun ponctué par de nombreuses photos de vie et un documentaire vidéo à la clé. Le collectif n’en est qu’à ses débuts si on les écoute parler! Ils reprennent la route dès le mois de janvier pour une destination qui sera révélée le 10 décembre à la grande soirée «Share The Word» à Carpiquet, à côté de Caen. L’occasion de projeter en avant-première le docu du 4ème épisode réalisé à Bogota.

«C’est le genre d’événement où nous seront sur place, ce qui nous permet de discuter avec le public et de rentrer dans les détails avec des personnes qui auraient des questions particulières. C’est toujours intéressant, surtout que notre projet suscite de nombreuses questions, tant sur l’art en lui même, que sur les communautés que nous fréquentons.»

SHARE THE WORD fait partie de ce genre de projet à contre-courant du rythme imposé par un monde saturé, accéléré et égocentrique. Il marque un retour aux choses simples, et rompt avec l’art statique et poussiéreux qui s’entasse dans les musées.

On vous laisse sur cette phrase signée Seb Toussaint et Spag : «Peindre un mur en tôle ondulé rouillée sous un soleil de plomb avec des vieux pinceaux et des bombes de peinture qui coulent, tout en entendant quelques coups de feux provenant d’une ruelle voisine, c’est devenu normal.»

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Share The Word Project | Ep.1 Jakarta

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