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PROJET PIETÀ | Un pas vers la liberté


Par , publié le 19/11/14 à 02:11  |  136  lecture(s)

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La créativité artistique est comme un gaz diffus qu’il faut chercher sans relâche, pour révéler sa beauté cachée au monde entier. Loin des institutions artistiques, il arrive de percevoir cette aura là où on la soupçonne le moins. Découvrez le projet Pietà…

Une vision alternative de la vie quotidienne dans les prisons péruviennes. Plus qu’un label de mode, Pietà est un mouvement artistique engagé en marche vers la liberté. (Junior, E.P. « San Jorge », Lima. May 2013.)

| Pietà – Projet prodige dès ses débuts

Il est des projets comme celui-là qui vous aspirent dans leurs spirales par leur ambition et leur beauté. C’est ce qu’il s’est passé avec Pietà. Il y a à peu près un an, nous apprenons qu’un jeune français monte sa boite de fringue au Pérou. Ses couturières et ses mannequins n’ont rien de commun avec le fameux made in china, les petites fées de Pietà confectionnent les articles de la marque dans les ateliers de leurs prisons ou dans leurs cellules. Les prisonniers sont à l’oeuvre. Thomas Jacob, 27 ans, illumine le monde carcéral.

2012, une année entière de réflexions et de prise de décisions pour mettre en place les piliers de ce projet à rayonnement humain. L’année suivante Pietà est fière de lancer sa première collection réalisée dans la prison de Santa Monicà, institut carcéral pour femmes, où s’installe des ateliers de tricot et de broderie. S’ensuit la participation des prisonniers de San Jorge où les hommes confectionnent les accessoires et les chaussures du jeune label Pietà. La presse mondiale salue le succès du jeune français qui a su injecter un peu de vie derrière les barreaux.

En 2014, San Jorge ferme ses portes. Thomas ne compte pas s’arrêter là et présente son label au centre pénitencier de San Pedro de Lurigancho. Le processus artistique brille dans l’une des prisons les plus dangereuses du monde. Un nouveau volet s’ouvre pour Pietà. Enfant du design, Thomas introduit les techniques de sérigraphies aux prisonniers et agrandit le rayonnement artistique de son label qui dépasse désormais les frontières de la mode et se définit dorénavant comme un mouvement artistique engagé.

En deux ans, le jeune breton brise le silence qui entoure le monde carcéral dans l’inconscient collectif depuis des siècles. Ce vague ensemble dépourvu d’humanité s’ouvre au monde entier et on aime ça !

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Les pulls sont confectionnés par les 30 prisonniers adhérents au projet, Thomas est le seul «employé à l’extérieur» qui dessine les modèles des collections. Sa source d’inspiration vient de l’histoire de chacun des membres qui travaillent pour lui, des histoires dures qui sont souvent étouffées dans la cellule et qui ne sortent jamais à l’extérieur. Pietà se brode sur le tissu, la laine le cuir et les collections parlent de mort, de nihilisme, d’existentialisme, d’action directe au fond des nuits. De même pour les sérigraphies, il fait les dessins lui-même, quant au processus de création et d’impression, il passe la main à ses employés.

Les prisonniers qui participent au projet sont sélectionnés par rapport à leurs qualifications de couturiers et leur motivation. Pietà leur offre l’opportunité de sortir quelques heures de leurs cellules pour extérioriser en atelier et mener une activité qu’ils aiment. À l’échappatoire de leur quotidien carcéral s’ajoute la satisfaction de gagner leur propre argent pour améliorer leurs conditions de vie «à l’intérieur» (30% du prix de vente de l’article revient au confectionneur). Un travail qui les rapproche un peu plus de leur liberté, pour une journée de travail à l’atelier, les pénitenciers anticipent un jour de peine.

| Pietà – de l’espoir pour accepter son destin.

La pietà, majestueusement mise en scène par Michel Ange dans sa série de sculptures, est la représentation du Christ dans les bras de sa mère après la descente de la croix. Si la Pietà évoque la déchirante souffrance de la mère, il n’est rien de tel dans son expression. La Vierge accepte dans un silence remplit de dignité la volonté divine. Ce qui enveloppe la scène d’une humble douceur.

La pietà des prisonniers parle d’elle-même, elle vit d’elle-même et raconte l’histoire de chacun de ses participants, mais elle est surtout le porte parole de la condition humaine à tout ceux qui sont capables de discerner sa beauté…

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