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FANETTE GUILLOUD | Géométrie de l’impossible


Par , publié le 15/10/13 à 12:10  |  2015  lecture(s)

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L’anamorphose, « art de la perspective secrète » (Dürer), connaît de multiples applications depuis le XIIème siècle. Fanette Guilloud, étudiante française en photographie nous entraîne dans ce concept, ses techniques et les artistes précurseurs de ce mouvement contemporain… 

| Fanette Guilloud

A la croisée de certaines relations amicales il y a Fanette Guilloud et son travail sur les anamorphoses. Cette étudiante de l’école de photographie de Toulouse (l’ETPA) a créé une série de réalisations intitulée « Géométrie de l’impossible ».

Au premier abord, on pourrait croire à une simple photo sur laquelle viendraient se superposer des lignes géométriques tout droit sorties d’un logiciel informatique… Pas très sexy tout ça me direz-vous. Mais à y regarder de plus près, la complexité et la précision de ce travail en font tout un art  : « c’est le principe de l’anamorphose. Un objet peint en 2D sur différentes surfaces que l’œil assimile à un objet en 3D ».

Fanette décrit ce projet comme chronophage mais aussi comme passionnant. En choisissant des lieux abandonnés comme support, elle s’octroie un travail préalable à la réalisation : découvrir et s’approprier un espace inconnu, chargé de souvenirs d’événements passés. Ces lieux inoccupés où le temps a suspendu sa course. Avec un peu d’imagination et grâce à l’inspiration qui se dégage des murs décrépis, Fanette imagine une forme géométrique en cohérence avec son support réel. Elle trace, dessine, délimite les lignes sans altérer les lieux et les objets : « mes anamorphoses doivent être en harmonie avec les ambiances de façon à habiller la pièce sans la dégrader. Je participe à l’évolution du lieu, je lui donne une seconde peau tout en conservant son âme ».

Ces formes géométriques ne pourraient exister sans cette manipulation du cerveau… et sans une certaine influence.

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| L’anamorphose : concept et précurseurs

C’est à l’époque de la Renaissance italienne que l’histoire de la représentation est révolutionnée avec l’invention de la perspective. Pour son créateur Filippo Brunelleschi, il est essentiel que la représentation soit définie à partir d’un point de vue unique et constant. Ce point de vue est au centre de l’anamorphose.
Parmi ses inspirations, Fanette cite Georges Rousse comme « le maître de l’anamorphose ». Cet artiste photographe français mélange dessin, peinture et architecture en choisissant lui-aussi des lieux abandonnés. Ainsi il pose la question de l’artiste nomade qui découvre et interprète un espace étranger.

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©Georges Rousse

Felice Varini est un autre spécialiste mentionné par Fanette. Il se sert de l’anamorphose pour révéler la peinture qu’il disperse dans l’espace architectural. Cet artiste franco-suisse déploie se forme dessinée dans le paysage urbain et la décalque pour n’en garder que des fragments qui se reconstituent, une fois le point de vue découvert. Il fait tomber les limites entre architecture réelle et architecture peinte en trompe-l’œil.

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©Felice Varini

Dans des styles différents mais complémentaires pour Fanette, elle cite également les chambres d’amour du photographe Bernard Faucon, le style et les couleurs de Stephen Shore et de Joel Meyerowitz ou encore le noir et blanc de Diane Arbus. Un vivier d’artistes et de créations qu’elle exploite avec habileté. La série « Géométrie de l’impossible » et les autres travaux de Fanette G. sont à découvrir sur son site officiel.


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